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Quels droits pour les migrants en Europe et en France ?

Publié le 28/05/2019

Le mardi 14 mai 2019 s’est déroulé une conférence de presse à la galerie LaVina à Grenoble. Organisée par AMEL France, cette conférence visait à traiter des conditions de vie et d’accueil des demandeurs d’asile en Grèce et en France. Après l’évocation des différents aspects critiques auxquels ces personnes font face, la notion du droit humain s’est imposée.

Depuis plusieurs années, nous assistons à une véritable défaillance des systèmes politiques mis en place. Pour la question de l’immigrations de nombreuses lois existent mais sont bien souvent plus restrictives que les précédentes. C’est pour cette raison que l’association AMEL France ainsi que d’autres associations de défense des droits de l’Homme prennent la parole, dans le but de dénoncer ces politiques injustes mais également de proposer des solutions humaines et réalisables.

Au sein du droit européen, il est fait mention du droit d’asile et de la possible mise en place d’un Visa pour l’asile. En effet ce droit stipule que toute personne qui est en difficulté majeure en termes d’atteintes aux droits de l’Homme au sein de son pays peut faire appel à cette demande de visa pour l’asile. L’objectif d’AMEL France à travers ses plaidoyers et conférences de presse est donc de réveiller la communauté européenne pour faire vivre cette notion.

« AMEL France lutte pour que ce visa soit une véritable expression d’une humanité enfin cohérente et accueillante » (Guy Caussé, Président fondateur d’AMEL France).

La deuxième partie de cette conférence a permis d’aborder cette thématique sous un angle plus local, ici à Grenoble. En tant que demandeurs d’asile et souvent sans papiers, les mesures politiques en place ont de lourdes conséquences sur ces populations.

« On est dans cette situation où on fabrique des gens aigris, malheureux […] mis dans l’incapacité de valoriser leur potentialité » (Monique Vuaillat, Coordinatrice du collectif migrant en Isère).


L’un des problèmes majeur en termes de droits humains rencontré est celui de l’accueil des jeunes mineures, de plus en plus nombreux à Grenoble. A leur arrivée, ces jeunes doivent se rendre au Conseil Départemental pour faire vérifier leur âge. C’est au terme d’un entretien d’une heure que l’on apprécie de vu et la façon de parler si le jeune est mineur ou non. Avec les procédures actuelles, seulement 35% de ces jeunes sont déclarés mineures. Ces derniers sont pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance tandis que les 65% restant sont livré à eux même et se retrouvent à la rue.

Les différentes associations locales tentent de mettre en place des alternatives pour octroyer quelques droits supplémentaires autant concernant l’hébergement, notamment pour prévenir les expulsions, que pour l’intégration dans des formations professionnalisantes et en stages. Ces solutions visent à compenser l’absence de droit de travail pour les demandeurs d’asile.

 Les mesures initiées par la préfecture visant à réduire le nombre de migrants autorisés à rester sont d’autant plus remises en cause pour leurs incohérences. La Chambre des commerces et des métiers a notamment fait remarquer le besoin en main d’œuvre pour certains métiers en tension et dont la solution pourrait être de permettre à un plus grand nombre de migrants de travailler.