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Des conditions d’accueils et de vie de plus en plus déplorables dans les camps de réfugiés sur les îles grecques ; l’exemple de l’île de Samos.

Publié le 21/05/2019

A l’occasion d’une mission portée par AMEL France en mars 2019, Caroline Weymann (chargée de projet humanitaire) et Irene Santaella (photographe) se sont rendu au camp de Vathy sur l’île de Samos pour recueillir les témoignages des réfugiés, populations locales et acteurs de solidarité internationale présent sur place. Tous s’accordent sur un point ; les conditions de vie au camp sont inhumaines et le manque d’accès aux soins entraîne l’apparition de maladies et de graves problèmes psychologiques.

Le camp de réfugiés se situe dans les hauteurs de la ville portuaire de Vathy, initialement prévu pour accueillir 680 personnes c’est aujourd’hui plus de 4500 personnes qui cohabitent dans un environnement précaire. Vivant principalement dans des tentes pouvant accueillir jusqu’à une dizaine de personnes, les réfugiés ne sont pas à l’abri du froid et des intempéries. L’accès à l’eau potable et aux sanitaires est presque impossible ce qui entraîne de gros risques en termes de santé. L’accès aux soins s’avère également très difficile.

« Pour voir le docteur, il faut faire la queue à partir de 3h du matin et à 14h c’est fini, il arrive qu’on attende pour rien » (Augustin, 35 ans, Cameroun).

Photo : Irene Santaella

Mis à part les besoins vitaux difficilement satisfait pour ces milliers de personnes, celles-ci sont confrontées à un problème de taille : l’attente. En effet les procédures de demandes d’asiles sont parfois interminables, il faut attendre jusqu’à plusieurs années pour obtenir une « interview » qui est le point de départ de la demande d’asile. Certaines sont programmées pour 2023 et rares sont les demandes qui aboutissent à une réponse favorable.

Lors des premières années suivant la création du camp de Vathy, les habitants de l’île étaient très impliqués et organisaient des distributions de vêtements et nourriture aux réfugiés dont le nombre ne dépassait pas le millier. Après les accords entre l’Union Européenne et la Turquie, le camp de Vathy est devenu un « hotspot » mais aucune disposition efficace n’a été mise en place par le gouvernement améliorer la situation.

« Pouvez-vous demander à ce gouvernement ou à ce système, combien d’argent devons-nous dépenser pour être un être humain ? Combien de millions ou de milliards perçoivent-ils pour laisser les Hommes vivres dans de telles conditions ? De combien d’ONG avons-nous besoin pour faire les Hommes se sentir comme des êtres humains ? Combien de rapports devons-nous rédiger pour que le personnes se rendent compte de la situation ? » (Sofian, Algérie).

Photo : Irene Santaella

Malgré la présence d’ONG sur place, la situation reste très mauvaise. Les conditions de vie sont terribles, et c’est ce que souhaite dénoncer AMEL France. C’est un véritable cri d’alerte que l’association lance aux dirigeants européens et au grand public pour agir face à cette situation inhumaine à laquelle sont confronté des milliers de personnes.

« Nous sommes porteur de ces voix qui ne peuvent pas s’exprimer » (Guy Caussé, Président fondateur d’AMEL France).