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Nous avons besoin de vous : Mission en Grèce 2018

Chers internautes et compagnons de route,

Cet été, Amel France met le cap sur la Grèce. Nous avons besoin d’un soutien de 5 000€ pour une nouvelle mission : une opération-témoignage sur la vie quotidienne des personnes retenues dans les hotspots.

Avec votre aide, Amel France veut partir d’observations de terrain pour établir un diagnostic et plaider pour une alternative plus humaine à la gestion des personnes exilées sur le sol grec. L’équipe d’Amel France s’est fixé comme projet de partir enquêter sur les conditions de vie des nouveaux arrivants et des personnes en attente dans les centres d’accueil. Notre objectif est de trouver des moyens de les traiter avec respect et dignité.

C’est à nous, la société civile, de se retrousser les manches pour alerter l’opinion publique et les institutions des réalités de terrain. La lenteur de la prise de décision à l’échelle européenne laisse perdurer un système d’accueil obsolète et largement reconnu comme inefficace. Mais l’immobilisme institutionnel n’est pas une fatalité !

Grâce au recueil de témoignages et au dialogue avec les acteurs locaux nous allons élaborer une campagne de plaidoyer pour l’amélioration du sort réservé à ceux qui sont forcés de fuir leur pays d’origine.

L’accueil des personnes en situation d’exil est la première étape d’une intégration réussie.

Soutenez-nous en cliquant sur :

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Point sur la situation sur les îles grecques - juin 2018


Actuellement, la Grèce donne refuge à 58 000 réfugiés et migrants, ce qui représente presque 1% du nombre total de migrants au monde. Environ 16 000 se trouvent en Grèce du Nord et en Thessalie, dont 67% en Macédoine centrale, 15% en Thessalie, 13% en Epire et 5% en Macédoine orientale et en Thrace.

Source : Wikipedia

On dénombre en outre près de 30 000 personnes en situation d’exil dans les îles proches de la Turquie : Lesbos, Chios, Leros, Kalimnos, Kos et Rhodes, dont plus de 8 000 personnes pour la seule Lesbos. Les autres personnes sont réparties dans différents camps, en Attique et ailleurs.

Au cours de 5 premiers mois de 2018, 11 200 personnes sont arrivées par la mer, et 7 200 par la terre, soit légèrement moins qu’en 2017. On constate cependant une augmentation de l’arrivée de migrants par voie terrestre : 1 440 par mois en 2018, contre 466 en 2017. L’arrivée de mineurs non-accompagnés, majoritairement (96%) des garçons de plus de 14 ans, est extrêmement préoccupante.  

A la suite du refus de l’Italie et de Malte d’ouvrir leurs ports, et de l’augmentation prévue des arrivées, 4 camps vont être réouverts, ce qui portera le nombre de centres d’accueil de 21 à 25.

Il semblerait qu’à Chios, Samos, Leros et Kos, le calme règne après un printemps agité et malgré l’arrivée par petits groupes de nouveaux réfugiés (le 18 juin, 35 personnes ont été recueillies au large d’Inoussa et transportés à Chios). Sur cette île, il y aurait 194 personnes en surnombre.   

Comme toujours, les médias grecs donnent d’avantage d’informations sur la situation sur l’île de Lesbos : on y dénombre environ 8 000 personnes dans les camps de Moria, Kara-Tepa et des structures d’accueil « Ilaktida » (rayon de soleil).  Il est à noter qu’en avril et en mai, l’atmosphère a été agitée.

En effet, le 22 avril, une agression contre des migrants a eu lieu. De plus, les journalistes locaux se sont mis en grève sous le thème « Non à la violence fasciste contre les journalistes » pour protester contre les fake news répandues par les groupes d’extrême droite. Le calme est ensuite revenu et les personnes concernées en situation d’exil ont pu fêter la fin du Ramadan le 16 juin. De nombreux évènements ont pris place à cette occasion, et lors de la journée mondiale des réfugiés, dont un concert de « Connect by Music », un orchestre composé d’enfants réfugiés.

1280 personnes se trouvent toujours hors des camps sur l’île, dont 189 mineurs non accompagnés. Les structures existantes sont insuffisantes pour accueillir les réfugiés, et des habitants ont lancé une grève de la faim pour réclamer une solution immédiate.


- AMEL France et le lancement d’une plateforme de plaidoyer européen -

 

Lancement d’un Mouvement Euro-Méditerranéen de solidarité avec les personnes en situation d’exil  à Rome, le 12 juin

Lancement d’un Mouvement Euro-Méditerranéen de solidarité avec les personnes en situation d’exil à Rome, le 12 juin

 

Amel Association International (Amel) et Samusocial International (SSI) organisent une rencontre, à Rome, au Capitole et à l’Institut Français Centre Saint-Louis, le 12 juin 2018, afin de lancer un Mouvement Euro-Méditerranéen de solidarité avec les personnes en situation d’exil. 
 

Le Dr Xavier Emmanuelli, président fondateur du Samusocial International (SSI) et le Dr Kamel Mohanna, président fondateur d’Amel Association International (Amel), ont initié, en 2017, un processus d’échanges avec différents acteurs, autour des valeurs de dignité, de solidarité et d’humanité avec les personnes en situation d’exil. Ces discussions ont été traduites par l’organisation de deux séminaires par le Samusocial International et Amel Association International, à l’automne 2017, en France et en Grèce, réunissant institutionnels, société civile et chercheurs, tous acteurs des migrations.

À Paris, le séminaire « Humaniser l’accueil des personnes en situation d’exil: regards croisés d’experts et d’acteurs de terrain pour des solutions durables » a réuni 200 participants et intervenants en octobre 2017. De ces discussions ont été tirés des constats sur l’accueil des mineurs isolés, le développement de possibilités d’entrées légales en Europe pour limiter la « vulnérabilisation » en chemin et la prise en compte des choix mutuels des accueillis et des accueillants pour une meilleure intégration.

En décembre 2017, à Athènes, 150 participants et intervenants se sont retrouvés pour le séminaire « Dignité, Solidarité et Humanité avec les personnes en situation d’exil. Pratiques innovantes ». Ce séminaire a permis aux participants, dans le cadre de sessions de travail, de présenter leurs pratiques qui illustrent de manière constructive certaines des recommandations exprimées à Paris et d’énoncer les défis auxquels ils sont confrontés, sur le terrain. Ils ont ainsi pu formuler des propositions d’actions conjointes, qui pourraient être répliquées dans la région euro-méditerranéenne.

Ces séminaires ont aussi permis de faire émerger l’idée d’appeler tous les acteurs, partageant les valeurs de dignité, de solidarité et d’humanité, à rejoindre un mouvement euro- méditerranéen avec les personnes en situation d’exil. C’est dans ce cadre que se tiendra la rencontre de Rome.


24 octobre 2017 : Séminaire de Paris « Humaniser l’accueil des personnes en situation d’exil : Regards croisés d’experts et d’acteurs de terrain pour des solutions durables »

Musée national de l’histoire de l’immigration, Paris, France  

Objectifs et Résultats

Amel Association International et le Samusocial International (SSI), ONG fondées respectivement par le Dr. Kamel Mohanna et le Dr. Xavier Emmanuelli, considèrent qu’il est urgent d’organiser une réflexion collective commune autour de la question migratoire, pour discuter de pratiques, expériences et politiques innovantes assurant la dignité, la solidarité et l’humanité des personnes en situation d’exil.

Dans ce sens, Amel International et le SSI ont organisé un séminaire à Paris, en octobre 2017, avec le soutien de leur partenaire local, Amel France. Les objectifs de ce séminaire ont été définis à partir d’un constat simple : les différents acteurs impliqués dans la réponse à la crise migratoire que connaissent actuellement l’Europe et plus généralement le monde, communiquent peu. Le monde universitaire et de la recherche n’est pas suffisamment connecté aux acteurs humanitaires et aux initiatives citoyennes actives sur le terrain. De la même façon, les connexions et contacts ne sont pas toujours réguliers entre les institutions nationales et internationales, les bailleurs de fonds et les acteurs de terrain. Par conséquent, les objectifs du séminaire de Paris étaient les suivants 

Objectif global : 

- Agir contre l’exclusion et la vulnérabilité des personnes en situation d’exil et anticiper leur accueil.

Objectifs spécifiques :

-    Favoriser la confrontation des idées, des expériences et des pratiques entre acteurs de terrain, universitaires et institutions nationales et internationales.

-    Aboutir à l’élaboration de recommandations et de propositions constructives dans un esprit de consensus, sur la base des discussions de tous les acteurs impliqués dans la réponse à la « crise » migratoire.

Le séminaire de Paris s’adressait essentiellement à des personnes directement impliquées, à différents niveaux, dans la réponse à la crise migratoire actuelle. Il a réuni environ 180 participants, incluant :

-    Des représentants d’institutions françaises, notamment des Ministères de l’Intérieur et des Affaires Etrangères, de l’OFII et de l’OFPRA ;

-    Des membres d’ONG internationales : Médecins du Monde, Médecins sans Frontières, JRS, etc.

-    Des membres d’associations nationales françaises : Croix-Rouge Française, GISTI, La Cimade, Dom’Asile, Comède, etc.

-    Un certain nombre d’initiatives françaises (Kiron, Singa, Forum Réfugiés – COSI, etc.), grecques (MDM Greece, CAMPFIRE Innovation) et italiennes (Communauté Sant'Egidio) étaient également représentées.

-    Des chercheurs étaient également présents – Pascal Boniface et Catherine Withol de Wenden, entre autres.

Les principales recommandations et conclusions résultant du séminaire de Paris sont les suivantes :

-    Institutionnels comme chercheurs, juristes et acteurs de terrain présents ont souligné le glissement des catégories de l’asile et la transformation du profil des arrivants induits par les évolutions historiques et politiques globales. La distinction entre migrants économiques et réfugiés entraîne une stigmatisation généralisée des personnes en situation d’exil.

-    Concernant la situation des mineurs non accompagnés, un appel unanime a été lancé pour un respect inconditionnel des droits et intérêts supérieurs de l’enfant.

-    Afin de transformer l’organisation géographique des migrations, provoquant exclusion, exploitation et mort, les intervenants ont tous relevé l’importance de multiplier les voies légales d’entrée sur le territoire européen et français.

-    Concernant l’accueil et l’intégration durable, une fois le droit au séjour accepté, les recommandations vont unanimement vers l’augmentation des moyens alloués aux dispositifs d’intégration – en particulier à l’apprentissage du français – ainsi qu’au renforcement des moyens d’évaluation de ces derniers. Les intervenants ont également tous soulevé la nécessité d’un travail commun de tous les acteurs économiques, sociaux et politiques, publics comme privés.

Amel et le SSI croient que la solidarité doit nécessairement se matérialiser par des actions concrètes prenant en compte la voix de tous et acteurs impliqués et assurant la dignité et l’humanité de tous.

5 et 6 décembre 2017 : Séminaire d’Athènes, Grèce, « Innovative Practices: Dignity, Solidarity and Humanity with Persons in Exile »

Pour donner suite au séminaire de Paris, Amel International et le Samusocial International, avec le soutien actif d’Amel France, ont organisé, les 05 et 06 décembre, un second séminaire à Athènes, Grèce.

Les objectifs de cette seconde étape étaient les suivants :

-    Revoir et adapter les recommandations issues du séminaire de Paris avec une grande variété de participants, à l’échelle européenne, régionale et internationale, visant à inclure des perspectives additionnelles et notamment celles des initiatives de la société civile ;

-    Partager des pratiques innovantes et les leçons apprises par les initiatives de la société civile dans la réponse à la crise migratoire actuelle, capitaliser et disséminer ces pratiques à l’échelle européenne, régionale, voire internationale ;

-    Favoriser une meilleure compréhension et un meilleur partage de connaissances entre les initiatives de terrain, les universitaires et les institutions ;

-    Plaider pour la mise en place d’un nouveau modèle d’immigration pour les personnes en situation d’exil, sur la base des pratiques innovantes et des réflexions mises en avant par les universitaires et les professionnels de terrain, afin de promouvoir la dignité et l’humanité de ces personnes.

Pendant ce séminaire, dans la continuité de celui organisé à Paris en octobre 2017, 100 chercheurs, acteurs de terrain, officiels et initiatives de la société civile, se sont réunis afin de partager leurs pratiques innovantes et de discuter d’actions conjointes de plaidoyer, afin de promouvoir un nouveau modèle de migrations, basé sur l’humanité, assurant l’accueil des personnes en situation d’exil.

Ce séminaire a permis aux participants, dans le cadre de sessions de travail, d’énoncer les défis auxquels ils sont confrontés sur le terrain. Ils ont ainsi pu formuler des propositions d’actions conjointes, qui pourraient être répliquées dans la région euro-méditerranéenne. De plus, dans le cadre de tables-rondes, différentes recommandations ont été formulées par les participants, incluant notamment :

-    Définir des stratégies afin de promouvoir l’implication de tous les acteurs, et particulièrement les initiatives de la société civile, dans les dialogues globaux, en lien avec les migrations et les réfugiés. Ainsi, les participants ont appelé les gouvernements et les organisations internationales à l’inclusion effective des organisations de terrain dans les consultations sur le Pacte mondial sur les réfugiés ainsi que le Pacte mondial pour les migrations.

-    Développer des réseaux d’acteurs de terrain afin que les personnes en situation d’exil avec des besoins spécifiques - incluant les mineurs non-accompagnés, les LGBTQI, les victimes de violations des droits humains, les personnes en situation de handicap, etc. – puissent accéder à des solutions adaptées de protection et d’orientation. À titre d’exemple, les participants ont demandé que les regroupements familiaux, pour les mineurs non-accompagnés, fassent l’objet de procédures rapides et simplifiées.

-    Mener des actions de plaidoyer, incluant les organisations de terrain, les initiatives de la société civile ainsi que les autres acteurs concernés, à travers des réseaux Sud-Nord, pour le droit à la mobilité pour tous, sans discrimination.

-    Garantir aux personnes en situation d’exil les moyens leur permettant d’assurer leur autonomie (à travers des cours de langues, des opportunités d’emploi ainsi qu’un accès aux services sociaux de base) et impliquer en amont les communautés hôtes dans ce processus d’ « intégration ».