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2016-2018 : Les chemins de l’exil : les Iles grecques Kos, Samos, Chios, Lesbos  

« Là où il y a une volonté,  il y a un chemin »   

Avant-propos  

Médecin engagé dans l’humanitaire depuis plus de 30 ans, je ne pensais pas que le livre écrit en 1998 par le médecin et académicien J.C. Rufin : « l’Empire et les nouveaux barbares » soit, 25ans après toujours aussi prophétique et d’actualité…

La rencontre des plaques tectoniques intercontinentales entrainant des séismes ne sont pas seulement au fond des océans, elles sont aussi dans les consciences et les comportements des humains d’ici et de là-bas ! Ici, nous les Européens de l’Empire, et eux, les nouveaux barbares de là-bas…  

Introduction  

La première richesse de l’Humanitaire, c’est de nous enseigner la Géographie !

Au-delà de leur évocation touristique, qui peut situer sur une carte les iles grecques de Kos, Chios, Samos, Lesbos et Leros ? Qui peut savoir que sur ces iles de la Mer Egée, depuis 2014 plus de 1 million de personnes déplacées dites »Migrantes » ont été accueillies par l’état Grec, des Sociétés civiles, des agences Onusiennes et des ONG internationales ?

Fuyant les violences extrêmes d’un Monde détruisant tout respect d’Humanité, Pakistanais, Afghans, Syriens, Irakiens et à présent Africains, seuls, en famille, enfants mineurs isolés, après des parcours d’épouvante, ont accosté là, dans ces iles aux portes de l’Europe.

Des conflits s’atténuant, cette vague migratoire régresse maïs reste active. Rien n’arrêtera les Migrances, les oubliés du Monde trouveront toujours de nouveaux chemins et ce malgré les barbelés et les frontières  fermées.

Dans les iles grecques, au cours du 1 er semestre 2018, ce sont 14 000 nouveaux arrivants qui se sont rajouté aux 300 000 de 2017, et aux 180 000 en 2016 qui ont transité sur ces iles, mais pour quel présent et quel avenir ?

Les Chemins de l’exil

Aucun barbelé, aucune mer n’arrêteront ceux et celles qui ont décidé de fuir leur Pays pour pouvoir survivre ! Portés par des rêves de Paix, et de pays accueillants où le respect des droits de l’Homme est inscrit dans la Constitution. Ils mettent au quotidien leur vie en jeu dans des parcours chaotiques et périlleux pour arriver jusqu’à nous….

Le rapport qui suit raconte leur histoire, leur présent, leurs souffrances à l’approche du continent Européen. Nous, gens du Nord, nous avons la possibilité d’obtenir un Visa pour aller sans entrave dans 170 pays à travers le Monde…pourquoi alors, cette ségrégation vis-à-vis des gens du Sud ? A défaut de ce non-respect du Droit inscrit dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 dans laquelle il est écrit : « Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat » er « Devant la persécution toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays » (articles 13 et 14). 

Représentants d’Amel-France, en ce mois de juillet 2018, nous sommes allés à la rencontre de ces personnes exilées sur ces Iles grecques.

L’état des lieux

Actuellement 16 000 migrants demandeurs d’asile sont sur les iles grecques : 8 000 à Lesbos, 3 000à Samos, 2 000 à Chios, 1 500 à Kos et 1 500 à Leros. Ces personnes déplacées viennent pour 38% de Syrie, 22% d’Iraq, 13% d’Afghanistan, du Pakistan, 5% du Congo, 4% du Cameroun. Parmi ces personnes il y a 35% d’hommes de 18 à 39 ans, 20% de femmes, 21% d’enfants dont 11%de mineurs non accompagnés venant essentiellement de Syrie te d’Afghanistan. Ce chiffre de 16 000 migrants n’est pas comparable aux 900 000 accueillis en 2015 et 175 000 accueilles en 2016 au plus fort des crises syriennes et irakiennes.

Les accords entre l’Union Européenne et la Turquie ont permis le bocage de 3 millions de personnes retenues dans les camps de Turquie, mais nous devons rester vigilants car les autorités turques ne retiennent plus à présent les migrants et un nouvelle route des Migrances s’installe entre l’Afrique et l’Europe via la Turquie et les iles grecques. Bien sûr, les passeurs sont à l’œuvre, faisant franchir par canots surchargés les bras de mer de 2 à 4 km moyennant 400 à 1000 euros par passager.

Une fois arrivés sur les Iles, quel présent quel avenir attendent ces exilés ? Ils sont accueillis par la police et orientés vers les camps de réfugiés.

Les camps

A Kos, le camp ers situé au centre de l’ile, à 10 km de la ville, dans un ancien camp militaire ré ouvert, entouré de hauts barbelés avec des miradors. Les services administratifs sont regroupés dans des algeco, autour des préfabriqués et tentes pour les migrants.

A Chios, le camp est situé à 17km de la ville, à Viale, c’est une ancienne usine désaffectée qui sert de base logistique, tout autour, des algeco accueillent les plus chanceux et des tentes dépareillées sont dressées sur les terrains avoisinants : camp de 1200 places pour 2000 migrants. Dans la ville, 50 appartements accueillent les familles.

A Samos c’est sur une colline dénudée, sans arbres, au-dessus du port de Vathy que sont concentrés les 30500 arrivants pour une capacité d’accueil de 1 000personnes…il faut ajouter les difficultés climatiques : plus de 30° l’été, (avec une distribution d’eau prévue de 1 litre 1/2 par jour et par personne) et l’hiver est froid, avec vent et pluies.

Dans cette concentration de population précaire, sur tous les camps, se développent les pathologies habituelles de l’insalubrité rencontrées dans les bidonvilles ou les favelas du monde : malnutrition, maladies infectieuses chroniques, transmissibles (gale, gastro-entérites) avec de plus les pathologies mentales : syndrome post-traumatique, états dépressifs, etc.

Il n’y a pas ou peu d’ONG et KEELPNO branche du Ministère grec de la Santé responsable de la santé publique apporte des soins à travers son programme PHILOS, créé dans ce but. Sont ainsi présents sur le terrain et dans les camps :            Un médecin à mi-temps qui doit assurer en plus des consultations systématiques, l’évaluation et la vulnérabilité…, des infirmiers, une sage-femme, des psychologues. Ce personnel est sans accès continu à un service de traduction approprié.

Il en résulte un grave déficit médical dans l’accès aux soins et une inhumanité passive. Le docteur Manos Logothétis parle haut et fort d’une « maltraitance humanitaire »  J’ai même cru comprendre d’une « torture humanitaire »…  

Approche politique

Depuis 2016, l’Union Européenne a demandé à l’Etat Grec de prendre en charge les migrants arrivant sur les Iles et sur le continent. 3 Milliards sont versés pour assurer l’identification, la mise en place de la demande d’asile, leur protection médicale, la prise en charge des populations les plus vulnérables et des mineurs non accompagnés.

L’armée grecque est mise à contribution pour assurer la logistique des camps : la nourriture avec 3 repas et 1litre ½ d’eau par jour et par personne.

La protection médicale s’appuie sur le système de santé grec avec les hôpitaux et les dispensaires existants. L’organisme KEELPHO HDCP et son programme PHILOS apporte en complément des médecins et des locaux.

A priori les réfugiés n’ont pas vocation à rester dans les camps sur les Iles. Mais l’insuffisance du personnel administratif ne permet pas un traitement rapide des dossiers pour faire avancer la demande de droit d’asile des demandeurs …et au vu de la complexité des dossiers cela peut demander de 6 mois à 1 an d’attente si ce n’est plus.

Approche Humanitaire

Depuis mars 2016, avec l’arrêt du programme européen ECHO qui s’appuyait essentiellement sur des ONG, c’est à présent l’UNHCR (Agence des Nations Unies pour les Réfugiés) qui assure cette protection des migrants.

L’UNHCR complète le travail des autorités grecques pour la protection juridique de ces populations fragilisées et l’assistance aux plus vulnérables : femmes et enfants isolés, familles, victimes de sévices.

L’UNHCR assure les soins de santé primaire en complément du gouvernement grec : abris, eau et sanitation. Quelques initiatives existent pour l’éducation des enfants

Tous les responsables de l’UNHCR que nous avons rencontrés à Athènes, Chios ou Samos nous ont dit leur impuissance face à des camps surpeuplés, dépassant la capacité d’accueil : 2000 pour un camp qui ne peut en accueillir que 1200 à Viale sur l’ile de Chios et à Samos 3500 exilés pour une capacité de 800. Cette surpopulation des camps fragilise les occupants qui au-delà des privilégiés vivant à 10 dans des algeco prévus pour 5 personnes, d’autres doivent se contenter de tentes et de cartons comme matelas.

L’UNHCR dénonce régulièrement cette précarité chronique qui dure des mois et des années avec ses conséquences humaines ! Quelques ONG étrangères ayant reçu l’agrément du gouvernement grec sont présentes sur les camps : MS Suisse à Chios, IOM, PRAKSIS, IRC Mental, RIS, Med ‘Equali team sur Samos.

Hélas, l’UNHCR fait en fonction de ses moyens. 17 partenaires sociaux et internationaux participent financièrement à cette aide. Pour l’année 2018 240 millions d’Euros alloués pour la Grèce dont 28% alloués aux Iles : 207 dépensés à ce jour. 10 Pays contributeurs : la Suède 100 millions la Norvège 42 Millions, la Hollande 40 Millions etc. Jusqu’à la France, avec 14 Millions d’euros.  



Approche individuelle.

C’est le cœur de ce rapport : porter la voix, la souffrance, les espoirs de ceux qui ne peuvent l’exprimer, emmurés dans leur solitude personnelle. Nous avons recueilli ces paroles lors de nos rencontres, le plus souvent fraternelles et chaleureuses, parfois difficiles dans le cadre de grandes souffrances silencieuses. Pour une meilleure compréhension nous les avons regroupées en : Pathologies du départ, Pathologies du délit,       Pathologies du déni, Pathologies du désir, Pathologie de la démission.  

-        Pathologie du départ :  Ce sont tous les traumatismes associant frustrations affectives, abandon pour celui qui part et ceux qui restent, culpabilité. S’y ajoutent les ruptures culturelles pour aller vers un pays dont on ne connait ni la langue ni les codes. Cet ensemble entraine une fragilisation et participe au syndrome post-traumatique présenté par la moitié des migrants…  

Mais c’est aussi un départ libérateur dans le cadre de menaces physiques et psychologiques répétées et insupportables qui entrainent un stress majeur et permanent obligeant à la fuite loin du milieu anxiogène.

Marie, jeune Camerounaise de 24 ans, enceinte avec son époux et menacée de mort en RDC nous dit : » Même si je dois rester sur cette ile de Chios toute ma vie, je suis ici en paix et je serai encore vivante demain ! »

-        Pathologies du Délit :  Sans papiers, clandestins, ils sont dans la culpabilité de franchir les frontières illégalement. Ils sont forcés de demander l’assistance aux hors la loi que sont les « passeurs », sachant qu’ils participent en cela à l’enrichissement d’un système mafieux criminel bien organisé  

Rachid, jeune afghan étudiant en informatique ; « Je n’ai jamais pu obtenir un visa pour poursuivre mes études en Europe, j’ai donc été obligé de devenir un hors la loi. Jamais je n’aurais cru devenir un délinquant, sous la coupe de voleurs ! »

-        Pathologie du déni :  Dans les échanges tous nous disent leur souffrance de ne pas être reconnus pour ce qu’ils ont  

Désiré-Jean, camerounais nous dit : « Je ne suis qu’un numéro sur une liste de demandeurs d’asile… »

Leurs seuls échanges sont d’ordre administratif, avec peu d’empathie, en l’absence de traducteur la barrière des langues est une entrave à une écoute personnalisée.

« Les populations locales nous ignorent, malgré la couleur de notre peau, nous sommes transparents, absents, inexistants »

A l’approche du camp de Viale, à Chios, une grande banderole est déployée : « Bienvenue en Europe, mais pas en Grèce »…Pour ces jeunes des camps , pendant la Coupe du Monde de Foot, aucune télévision pouvant les fédérer autour de cet évènement mondial…..

Dès les premières heure le matin, on fait la queue devant l’hôpital pour une consultation en espérant être vu avant midi…Mais là encore les réfugiés sont de nouveau victimes du déni de soins : pas d’examen clinique, un simple interrogatoire, une ordonnance pour des médicaments à acheter en pharmacie…seules les grandes urgences sont assurées.

Déni social aussi dans cette privation de toute possibilité de travail avant l’obtention d’une carte de séjour à l’horizon d’une ou plusieurs années …

-        Pathologie du désir : Dans le camp de Vathi, une rencontre avec 4 jeunes congolais de RDC vivant dans la même tente : Patrick est activiste pour les Droits de l’Homme, danseur artiste et comédien, Menar mécanicien, Lace footballeur professionnel dans un grand club de Brazzaville. Ils sont tous 4 menacés de mort pour opposition politique. Ils ont un incroyable dynamisme, ils ont foi en leur avenir dans une totale résilience….  

« Rien ne nous arrêtera, nous sommes jeunes, nous voulons travailler, exprimer nos talents »  

-        Pathologie de la Démission

Mounir, afghan de 30ans, vivant sur le camp depuis plus d’un an, sa demande d’asile a été rejetée en première instance, nouvel appel…attente « Je suis comme une planche sur la mer, perdu, je n’ai plus d’horizon, ma vie ne m’appartient plus, je ne suis rien pour personne j’attends…mais en fait rien… »

C’est l’immense détresse silencieuse se ceux qui perdent leurs relais personnels. Ils n’ont plus que le téléphone portable qui reste un médicament, essentiel pour entretenir le lien avec leurs proches, lien qui peut se distendre au fil du temps…les liens communautaires se rompent souvent aussi dans les camps en fonction des départs.

Les migrants doivent subir les blocages administratifs, sans perspective d’avenir et vivre avec la crainte d’aboutir au camp de rétention de Lesbos dernière étape avant l’expulsion vers le pays d’origine…de fait, les migrants deviennent des vivants sans vie…

 Notre finalité

AMEL-France est une antenne de l’importante ONG AMEL International. . cette ONG aide essentiellement le million de réfugiés Syriens actuellement accueillis au Liban.

En France, nous sommes présents auprès des migrants à Paris et depuis 2016 auprès de ceux vivant dans les Iles grecques. Nous soutenons l’ONG « Kos solidarité » association issue de la société civile dans son programme d’accueil d’urgence pour les centaines de migrants arrivant chaque jour.

Nous voulons étendre notre action en soutenant les ONG et associations locales qui viennent en aide au quotidien sur les camps des autres Iles.

Nos Objectifs : Soigner et témoigner

-        Soigner

En renforçant le personnel médical local des ONG et Associations déjà investis sur place.

Après notre aide à Kos, nous souhaitons travailler en lien avec l’ONG locale : « Med’equaliteam » à Samos, fondée et dirigée par le Docteur Sophie Gedeon en complétant son équipe médicale avec Médecin, infirmières, sage-femme et faire une évaluation à Lesbos

Nous envisageons aussi de demander l’agrément d’AMEL France auprès du gouvernement Grec en tant qu’ONG partenaire

-        Témoigner c’est-à-dire : informer, dénoncer et interpeller            

Informer : c’est l’objet de ce rapport, en relayant toutes les informations données par les responsables médicaux grecs et de l’UNHCR rencontrés à Athènes, Chios et Samos, les amis de MSF Suisse et International Rescue Comittee.             

Dénoncer : notre rapport ne fait que renforcer la plaidoyer de l’UNHCR décrivant toutes les carences de l’Aide, faute de moyens financiers suffisants pour l’organisation d’une survie décente sur les Iles.de même, sont mises de en avant les carences administratives faute de personnel grec compétent ce qui maintient de manière arbitraire les demandeurs d’asile sur les Iles alors qu’une capacité d’accueil existe sur le continent.  

Nous devons constater que cette privation de liberté va à l’encontre du Droit Humanitaire International. Dénoncer c’est ce que font les Associations internationales et Départements sociaux et Economiques du CNRS. Tous affirment que les migrants ne sont pas une fatalité mais une vitalité humaine, ils sont une opportunité économique, avec comme preuve les expériences positives d’intégration en France comme dans de nombreux pays européens.

Dénoncer c’est aussi accuser les médias qui trop souvent, par un miroir déformant dramatisent ces flux migratoires qui ne représentent en réalité que 3% de la population mondiale et 0,5% seulement concernent l’Europe. Depuis 10 ans ces études objectives sur les migrants sont portées à la connaissance des Politiques qui les ignorent !

Au-delà de l’urgence humanitaire, dénoncer c’est prendre en compte au niveau du droit, la légitimité «  d’un droit européen d’émigrer », défendu par Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS.

Dénoncer c’est envisager la possibilité d’une mise en place d’un «  Visa d’Asile Européen » défendu par Pauline Gouchot, référente Sciences Politiques pour Amel.            

Interpeller. Amel-France participe avec Amel-International, fondée par le Docteur Kamel MOHANNA, et le SAMU Social International, avec à sa tête le Docteur Xavier EMMANUELLI, au lancement du Mouvement Euro-Méditerranéen de Solidarité avec les personnes en situation d’exil. En octobre 2017 s’est déroulé un premier séminaire à Paris : « Humaniser l’accueil des personnes en situation d’exil » avec un regard croisé d’experts et acteurs de terrain, il a rassemblé é 200 participants. Décembre 2017 à Athènes s’est tenu nouveau séminaire : « Dignité, Solidarité, et Humanité avec les personnes en situation d’exil, pratiques innovantes », impliquant des migrants face à leur propre destin. Avril 2018 à Rome nouvelle rencontre pour travailler sur l’intégration et l’inclusion des personnes en situation d’exil et développer un plaidoyer inclusif à l’échelle Euro-Méditerranéenne. Un prochain séminaire est prévu à l’automne 2018 au Caire ou à Beyrouth. A Grenoble, Amel- France prévoit d’organiser à l’automne 2018 une conférence sur la thématique des frontières : leur réalité, leur utilité, leur finalité au regard des mouvements migratoires.  

Au-delà du champ humanitaire, assurer une meilleure sécurisation et accompagner les personnes migrantes dans le respect des droits humains les plus fondamentaux, il s’agit d’interpeller les politiques de tout bord. Il faut les convaincre que les Migrants sont des victimes de situations locales inhumaines mais aussi des victimes d’agences mafieuses, criminelles qui les rançonnent avant de les jeter à la mer. Ces groupes criminels partagent un total mépris de la vie humaine ;

Répondre au défi posé par les migrants impose de prendre comme priorité la lutte contre les organisations de traite d’êtres humains .il faut connaitre et faire connaitre ceux qui recrutent, rançonnent et manipulent les candidats au départ. Ce doit être une volonté politique européenne.

Dans ce sens, aider au développement local, aider à l’éducation des filles sont à moyen et long terme des réponses. Les trafiquants d’espoir sont les pires ennemis de ceux qu’ils prétendent conduire vers la liberté.  

Dans le cadre de cette interpellation aux politiques, nous envisageons :             d’informer Madame Nathalie LOISEAU, Ministre des Affaires Européennes, de la situation de grande précarité dans laquelle se trouvent les migrants des Iles. Nous pourrons l’informer des objectifs de Mouvement Méditerranéen de solidarité avec les personnes en situation d’exil et pour des solutions innovantes.  

de rencontrer des députés européens et les inviter à une mission d’observation et d’évaluation sur le terrain, auprès des migrants

de rédiger un Livre blanc à destination des politiques pour la protection des migrants et la mise en place d’une dynamique humanitaire commune  

La Liberté est l’un des plus grands fondements de notre société, elle doit être respectée, être égale pour tous. Il en va de notre Honneur et de notre fraternité universelle.     

Conclusion, en forme de « Coup de gueule »…

Pris en charge par des trafiquants humains, réfugiés et demandeurs d’asile attendent dans les Iles la poursuite de leur exil vers le Continent Européen dans la légalité. Il leur faut alors patienter des mois ou même des années avant d’obtenir la carte de demandeur d’asile…Ils peuvent aussi choisir de le faire illégalement, ils deviennent alors des errants sans papiers.

L’Europe et l’UNHCR assurent la protection de ces populations fragilisées dans les camps. Après leur premier mois de de présence, les migrants reçoivent une indemnité mensuelle de 90 Euros.

A défaut d’obtenir l’autorisation légale d’arriver à Athènes par bateau, après des mois d’économie, certains migrants font appel une nouvelle fois à des « passeurs ». Ils sont alors cachés dans les coffres de voiture ou dans les camions transitant entre les Iles et le Continent via les ferries voguant au quotidien.

Ainsi, l’argent européen ira dans les caisses des organisations maffieuses…et indirectement, l’Europe sous-traite le transfert des migrants dont le voyage sur le continent européen va se poursuivre selon les mêmes modalités A nouveau la proie des passeurs, ils vont arriver en France et deviendront des sans-papiers aux parcours chaotiques, refoulés ou pas vers les pays d’accueil ou leur pays d’origine…(cf. le rapport de Amel-France : « Etat des lieux en 2017 de la situation des exilés sur le Territoire français »)

Aucune contrainte n’empêchera leur arrivée jusqu’ici, aucune procédure administrative complexe, aucune humiliation ne changera leur détermination ! Alors que faire ?

Tout deviendrait plus simple si les demandeurs d’asile obtenaient un visa humanitaire européen leur permettant de circuler pour retrouver ou établir des liens. Dans le cadre de cette liberté de circuler inclure le droit de travailler : rien n’est plus humiliant que d’obtenir une carte de séjour avec une interdiction de travailler !

 Responsabiliser enfin les Politiques pour que soit dénoncée la complexité de toutes ces procédures dites d’accueil qui en fait sont plus répressives que protectrices. Cela s’appelle le courage ! 

Remerciements à

Maité Daris, Amel-international Athènes

Boris Cheshirkos UNHCR Athènes, Lydia Lakka UNHCR Chios, Pipina Katsari UNHCR Samos,

Rigas Antonios MSF Suisse

Christos Gkaschogas IRC

Docteur Manos Logotahtis KEELPNO-HCDCP Samos

Docteur Sophie Gedeon Med’Equali-team Samos

Leur aide nous a permis d’apprendre et de comprendre cette situation humanitaire.         

 

Dr Guy Caussé, Médecin

AMEL France  


Projet : Appui à la mobilisation locale en faveur des réfugiés transitant par l’Ile de Kos – Grèce


Après une mission exploratoire menée par deux membres de l’association Amel France du 8 octobre au 8 novembre 2015 sur l’Ile de Kos en Grèce, un projet de soutien à la société civile locale venant en aide aux réfugiés se dessine. Dans une perspective de pérennité et d’autonomie et après identification des besoins non couverts et des solutions possibles, Amel France souhaite mettre en place un projet basé sur le renforcement de capacités auprès de son partenaire de terrain l’association Kos Solidarity. 

Le projet prévoit plusieurs volets d’intervention : 

- Renforcement des capacités de fonctionnement de l’association Kos Solidarity afin d’optimiser les actions mises en place ;

- Apport de compétences médico-sociales pour l’amélioration du dispositif d’accueil des réfugiés ;

- Activités de plaidoyer auprès du grand public, des acteurs de la solidarité internationale et des décideurs politiques afin de soutenir les initiatives de la société civile locale et améliorer les conditions d'accueil et de vie des réfugiés.

Pour consulter le rapport de la mission exploratoire, veuillez télécharger le document suivant :



Rapport Mission Exploratoire Amel France - Ile de Kos
Rapport final_Mission explo_Grèce_12122015_ORI_V2.pdf (2.46MB)



Pour plus d’information sur le projet, veuillez télécharger le document suivant : 



Note conceptuelle de projet
Appui à la mobilisation locale en faveur des réfugiés transitant par l'île de Kos - Grèce
Concept Note - projet Kos VF.pdf (707.65KB)


APPEL A VOTRE GENEROSITE!

Pour mener à bien ce projet, nous avons besoin de vous ! Nous lançons donc un appel à votre générosité afin de saluer le travail des associations grecques et d'apporter une réponse adaptée à cette crise sans précédent. 

Rendez-vous sur notre rubrique nous soutenir pour adhérer et faire un don à l’association. 

Vous pouvez également soutenir financièrement ce projet à travers la plateforme de don HelloAsso en cliquant sur le lien suivant : 

https://www.helloasso.com/associations/amel-france/collectes/soutien-aux-refugies-presents-sur-l-ile-de-kos-grece 


Contexte

Les multiples conflits d’ampleur régionale en Syrie, en Irak et en Afghanistan ont eu pour conséquence des déplacements massifs de populations. Pour fuir les violences et les atrocités de la guerre, ces populations n’ont d’autre choix que celui de l’exil. De nombreux réfugiés transitent par les îles grecques dont celle de Kos.  Embarcations vétustes, surcharge de passagers, chavirements et noyades sont une réalité quotidienne. A cela s’ajoute une prise en charge insuffisante voire précaire dans les pays de transit. 

Ces hommes, femmes et enfants sont en situation d’extrême vulnérabilité et souvent privés d’accès aux services de base malgré les efforts de la société civile grecque locale. On compte aujourd’hui parmi ces populations 70% d’hommes, 15%  de femmes et 15% d’enfants. La dégradation de la situation humanitaire et la pérennisation des conflits laissent présager une augmentation du nombre de réfugiés dans les mois à venir. Ainsi, en juillet dernier, on estimait  les arrivées quotidiennes de 250 à 400 migrants par jour. Actuellement, 7000 réfugiés sont en attente de laissez-passer pour rejoindre la capitale, Athènes. Pour le mois de septembre, on enregistre une arrivée quotidienne de 300 migrants.

Il n’existe à l’heure actuelle aucune aide venant de la municipalité ni de l’Eglise. Un quart des migrants ont des moyens financiers leur permettant un hébergement à l’hôtel mais 75% sont en errance. Concernant la problématique de l’hébergement, l’hôtel désaffecté réquisitionné pour loger les réfugiés a fermé. La situation est donc critique et les stationnements sauvages au sein de la ville de Kos (parcs publics, plage, zones périphériques…) sont de plus en plus fréquents. De plus, ces installations de fortune ne disposent pas d’équipements sanitaires. 

Plusieurs organisations sont présentes sur le terrain, le Haut Commissariat des  Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) intervient sur le volet administratif et de demande de statut de réfugié. L’organisation Médecins sans Frontières Grèce est présente sur le volet médical.


Au niveau local, un collectif informel de volontaires s’est constitué afin de coordonner leur aide dans la distribution de kits hygiène et de 200 repas quotidiens grâce aux dons des restaurateurs, des commerçants et à la générosité des habitants. Les besoins sont considérables tant au niveau des bénéficiaires qu’au niveau du renforcement des capacités du tissu associatif local. Il s’agit tout d’abord de renforcer les structures d’accueil (amélioration de l’habitat d’urgence), d’apporter un soutien logistique au collectif de volontaires locaux et enfin de sensibiliser les acteurs locaux et nationaux en capacité de fournir une aide logistique et financière.