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En France

PARIS : Améliorer le bien-être des demandeurs d’asile par les activités socio-culturelles et la médiation thérapeutique

La question de la santé mentale des personnes en situation d’exil est centrale dans l’approche d’AMEL France. L’association a en effet une vocation médicale, du fait des capacités de ses membres comme de son héritage – AMEL International est une association fondamentalement médicale depuis 1979. Dans ce sens, un projet d’accompagnement des demandeurs d’asile par les activités socio-culturelles et la médiation thérapeutique est actuellement à l’étude, pour être mis en place en région parisienne dans les mois à venir.

Contrairement à la vulnérabilité promue par l’État français dans la gestion des demandeurs d’asile, AMEL France croit à l’impact social, environnemental et communautaire positif que peuvent avoir certaines activités sur leur bien-être. En effet, les traumatismes liés au départ, au parcours et à l’arrivée dans les sociétés hôtes sont pour les personnes en situation d’exil autant de facteurs de risque de développer des troubles psychologiques. Chaque personne réagit différemment face à des évènements potentiellement traumatisants et son environnement peut affecter grandement, positivement comme négativement, sa stabilité psychologique.

Les conditions d’accueil et de vie difficiles auxquelles sont confrontés aujourd’hui les exilés en France ne favorisent pas leur bien-être, leur stabilité psychologique et par extension, leur intégration dans la société. AMEL France trouve nécessaire de leur offrir un environnement sûr et des moyens d’expression adaptés.

Dans ce sens, AMEL France mettra en place au printemps 2018 des activités d’expression artistique à Paris, avec le soutien de France Terre d’Asile. De nombreux artistes (calligraphes, musiciens, écrivains) se sont associés à ce projet. 

REGION AUVERGNE RHONE-ALPES – D.I.S.Co.R.S.I.

Amel France a participé, d’août 2017 à Janvier 2018, au projet Discorsi Migranti, projet à l'initiative du Consortium des ONG du Piémont, en Italie, et financé par le Fonds Asile Migration Intégration de l'Union Européenne et le Ministère de l'Intérieur italien, il vise à questionner les pratiques d'accueil et d'intégration des populations migrantes dans trois régions (Piémont, Auvergne-Rhône-Alpes et Catalogne).

Amel France était en charge de l'étude sur l'accès à la santé en Auvergne-Rhône-Alpes.


Abstrait du rapport de recherche :

L’accès des femmes migrantes à la santé maternelle et infantile en région Auvergne Rhône-Alpes

On constate en France un état de santé moins bon chez les personnes migrantes que pour le reste de la population, et qui tend à s’aggraver avec la durée de séjour dans le pays. Sujettes à de nombreux facteurs de vulnérabilité et de précarité, les autorités reconnaissent la nécessité de porter une attention particulière à ces populations sur le plan médical. La question de la santé des femmes enceintes et des jeunes mamans migrantes est pertinente à poser. Le Bureau régional de l’OMS pour l’Europe indique que les femmes migrantes présentent des problèmes de santé périnatale plus importants que les femmes non migrantes, et un taux de mortalité maternelle et infantile plus haut.

Sur la région Auvergne Rhône-Alpes, les professionnels intervenant dans le domaine de la santé maternelle et infantile font souvent le constat suivant au sujet des femmes migrantes, en comparaison au reste de la population: manque de suivi, déclaration de grossesse tardives et consultations tardives. Cela pousse à s’interroger sur la perception des femmes concernant le recours aux soins de santé. D’autre part, la population migrante en croissance dans la région amène à questionner les capacités des services à répondre aux besoins de manière adaptée. Cette recherche, effectuée dans le cadre du projet DISCORSI Migranti portée par le Consortium des ONG du Piémont (COP), s’intéresse, à l’échelle d’une région, ici Auvergne-Rhône-Alpes, aux questions d’accès des femmes migrantes, en situation régulière, aux soins et services de santé maternelle et infantile. Elle s’appuie sur des publications existantes sur le sujet et sur les témoignages d’un certain nombre d’acteurs de la région (services publics, de santé, et associations). Plusieurs difficultés sont ainsi mises en avant. Parmi elles, les conditions socio-économiques ainsi que les aspects linguistiques et interculturels sont très régulièrement évoqués par les professionnels, rejoignant les observations faites au niveau national et européen. La recherche s’est particulièrement attardée sur les pratiques adoptées par différents professionnels vis-à-vis des publics migrants, et plus précisément des femmes, en lien avec les obstacles rencontrés. On remarque notamment que la question de l’interculturalité est de plus en plus prise en compte, et placée au centre de la démarche de certains acteurs. L’importance de repenser l’espace et le temps dans un souci de proximité est également soulignée, les professionnels observant un besoin d’écoute et de créer des liens de confiance chez les femmes réfugiées ou immigrées, et soulevant la nécessité de prendre en compte la souffrance psychique pouvant résulter de leurs parcours et expériences. Ces éléments, qui représentent un enjeu dans l’intégration des femmes migrantes, rappellent que les problématiques d’accès à la santé doivent être pensées par l’ensemble des acteurs, dans un esprit de coordination et de collaboration.

Les résultats de cette enquête, ainsi que celles menées sur les thématiques du logement et de l'insertion professionnelle, sont disponibles via le lien ci-dessous :

https://migrazionicop.wordpress.com/le-ricerche-in-auvergne-rhone-alpes/


Conférence "Quelle Europe pour quels migrants"  - Grenoble 2016

Quel accueil pour les exilés en 2017 ? Etat des lieux de la situation

Bien que la stratégie de communication actuelle de l’Office Français pour la Protection des Réfugiés et des Apatrides (OFPRA) mise sur l’augmentation du nombre de protections accordées depuis 2015, la politique migratoire française actuelle traduit plutôt un durcissement important des conditions d’accueil des demandeurs d’asile.

Avant même ce durcissement, les lacunes du système d’asile étaient évidentes : du fait d’une multiplicité des acteurs et d’un manque de moyens dans chacune des institutions, des procédures arbitraires et expéditives sont mises en place pour diminuer le nombre de demandes d’asile (notamment des placements en procédure Dublin), et l’examen des demandes considérées comme « normales » restent long et opaque. Par ailleurs, les conditions d’accueil, en termes d’hébergement notamment, sont insuffisantes et échouent dans leur rôle de protection et d’accompagnement des demandeurs d’asile.

L’évolution juridique et pratique de l’accueil des exilés a cependant pris un tournant dramatique en 2017. La région Ile-de-France semble être une zone d’expérimentation de la politique française en matière d’asile et d’immigration, notamment avec l’ouverture du Centre de Premier Accueil (CPA) et le développement d’un système d’hébergement extrêmement restrictifs en termes de droits pour les exilés. Cette évolution annonce la volonté du gouvernement de passer d’un système de protection à un système de gestion des exilés ; volonté qui se confirme avec le projet de loi asile-immigration qui a été adopté en Conseil des Ministres le 22 avril 2018.

 

Ces abus sont permis par le manque d’accès à l’information sur leurs droits pour les demandeurs d’asile qui, pour beaucoup, comprennent peu la complexité de ces procédures et les différentes voies de recours.

 


Exposition-photo : "A moins de 10km"


 


Dans la continuité de la conférence organisée par Amel France "Quelle Europe pour quels migrants?" et dans le cadre du projet de soutien à la société civile grecque œuvrant en faveur des réfugiés, l'équipe a organisé une expo-photo intitulée "A moins de 10km" rassemblant portraits et récits de vie des artistes-photographes Marie-Pierre Amalvy et Irène Santaella. Cet événement, organisé par Amel France, Humacoop et l'association étudiante IDÉES a eu lieu à la Maison des Associations de Grenoble du 3 novembre 2016 au 10 janvier 2017.


L'équipe remercie ses nombreux partenaires:

 

    Présentation

    Dès le début de l'année 2015, l’île de Kos est devenue un lieu de passage pour les réfugiés et les migrants en route vers le nord de l'Europe. Et pour cause: cette île du Dodécanèse(sud-est de la mer Egée)d'environ 35.000 habitants se trouve à moins de 10km des côtes Turques, juste en face de la ville de Bodrum. 

    Alertés, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR ou UNHCR) et l'association humanitaire Médecins Sans Frontières(MSF)sont sur place mais se heurtent aux autorités locales qui refusent de mettre à disposition des locaux pour héberger ces personnes. En effet, dès le mois de mars, la municipalité ferme les toilettes publiques et tarit tous les points d'eau de la ville. Ce refus de coopérer pour mettre en place un système qui assurerait des conditions de transit décentes pour les réfugiés mais aussi une saison touristique à peu près normale a entrainé un chaos indescriptible: le port, les plages, les rues, les parcs de la ville sont investis par des centaines de réfugiés affamés, épuisés qui n'ont pas d'autres solutions que de dormir à même le sol, sous les regards sidérés des touristes. 

    Pour palier aux lacunes et manquements de la municipalité et du gouvernement, un groupe de citoyens, Kos Solidarité, se mobilise et s'organise pour parer au plus pressé.  Des particuliers, des hôtels, des restaurants, des supermarchés sont sollicités pour apporter une aide en approvisionnement. 

    A partir du 31 mai 2015, Kos Solidarité met en place une distribution quotidienne de nourriture, de vêtements et de chaussures, de produits de première nécessité dans un hôtel désaffecté alloué par une banque Grecque, où des centaines de migrants sont finalement dirigés de façon informelle par la police du port. 

    Une collaboration s'établit avec le HCR et MSF, seules organisations présentes et actives jusqu’alors. C’est principalement dans le camp de fortune “Captain Ilias” que débute notre action de soutien aux 400 personnes qui y sont abritées; mais rapidement le flux des migrants augmente, l’administration chargée des enregistrements est débordée (selon les cas, les nationalités, le temps d’attente pour l’obtention des papiers nécessaires à la poursuite du voyage varie de 15 à 30 jours), le camp est saturé, 1200 repas sont distribués fin juillet par une “poignée” de volontaires. En ville la situation est catastrophique, nous élargissons et diversifions nos interventions, nous distribuons des tentes, de l’eau, des sandwiches…

    C’est dans ces conditions extrêmement difficiles et intenses, sous un soleil de plomb, au détriment de nos vies personnelles et professionnelles, sans avoir le temps de nous poser trop de questions, que nous nous sommes engagés à venir en aide à cette foule démunie de tout. 

    Les photos présentées ne sont pas un travail, ma tâche au sein de Kos Solidarité est tout autre. Elles sont un témoignage de l’indifférence de l’homme envers ses semblables. 

     Kos, le 26 octobre 2016. Marie-Pierre Amalvy, photographe

    De retour de ma mission en Grèce pour l’association humanitaire Amel France, j’ai réalisé que je n’étais qu’une goutte d'eau dans la Méditerranée entre des milliers de morts dues à la répression et à l'impuissance. Cette série de photographies a été réalisée en Grèce, sur les îles de Kos, Leros et Kalymnos, en rapport avec le conflit en Syrie. J’ai tenté de capturer de nombreuses réalités en une seule image, une image pour des yeux avides de réponses, des réponses aux questions que tant de fois  les vagues ont emporté.

    Almeria, 26 octobre 2016. Irene Santaella, photographe